bleu de pèche

la tronche s’allonge dans les bretelles
le bouchon s’amuse à tire-bouchon
dans les branchies l’hameçon a dérapé

une goutte de pluie sur l’étang
une larme de pécheur
le héron a pécho une carpe

à tire d’aile et la carpe au bec
faut il en rire
si la tanche n’est pas étanche

cartons dans la brise

mon nid se remplit de cartons
la branche plie
la touffe verte obéit au tronc
autours senteurs des sushis séchant

des grosses mouches nous narguent
tentent de pondre dans la confiture
soupirs tandis que claque la tapette

la mésange bleu du nid du dessous
hurle au rouge gorge d’aller se ….
la grue cendrée fait des ronds dans l’air

vermoulu l’arbre d’à coté il craque
en tombant écrase les jeunes pousses
la chouette qui s’y cachait a une bosse

california dreaming

 

sur la plage s’étendait une avenue sableuse pavée de boulot

dans l’eau

les surfettes s’accrochaient aux écorces dans les rouleaux

deux par deux

Par le hublot du paquebot qui croise

les yeux écarquillés dans la lunette

le vieux n’en perdait pas une goutte

Pamela Anderson

dans le flipper les boules sous extasy font sauter la banque

double-six

trois gangs antagonistes s’accordaient un double steak frite



la fièvre rend fébrile le saule

les branchages se prennent pour le tronc

la rivière à ses pieds passe

boulot

les pieds trempés n’ont pas touchés l’eau

la poussière aussi s’en défend sinon elle serait de la boue

le thé dans le sachet attend que bout l’eau

rouge pourtant l’eau inonde le bleu et jailli au bord des corps

une grappe de pins simule l’extase quand passe la pie

mes rêves ont tendance à s’étoffer dans la couleur

le signe s’octroie le toucher et engloutie la bouche s’ouvre

la courbe dès lors a la longue chevelure défaite et l’étoffe des mets


des astres

sur le fil lumineux marche en file une flopée d’écureuils

de l’ extrémité de ses branches l’étoile survitaminée sourit

le fil d’étendage galactique bat à tous les vents astraux 

yame

temps pleinement de l’un à l’autre
sans que se résorbe ce que doit advenir

si le vide répond à ce qui  est vide

c’est à dire proche de tout

résonne sans qu’il y ait pour cela de son

la grande vigueur

l’absence 

bien au delà



la lumière

transporte du plein

ou cru

tel au vide

ou cru tel

l’apparente

prosternation

ne fait qu’englober

l’alternative

mouvement

isole la tête coiffée

d’étoiles


lueur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

deux lueurs

à l’étoile

l’une transperce le néant tandis que l’autre la caresse

 

une seule lumière

le moment et le ciel

 

vibre

 

 

un seul ciel toi et moi

des deux cotés de l’étoile

réunis par la distance

in_fuser

le thé infuse lentement

je laisse mes pensées vagabonder comme la feuille souffle et colore sa présence dans l’eau

sans rien toucher de ce qui entoure

mon regard comme une libellule se pose sur les choses les unes après les autres,  sans s’appesantir ni rien en conclure

le matin coule doucement

il serait difficile de dire si je dors

la vie autours de moi bruisse multicouleur pour autant que le bruit ait une couleur, ce serait comme de dire qu’il y a un mot pour chaque chose,  j’acquiesce puisque je suis là mais ne veut rien dire

je ne saurai dire ce que je veux, j’attends que le thé infuse

un temps très court porte en lui tant qu’il en semble infini tant par le nombre que l’amplitude

le singe sait bien que cela est trompeur

serait-ce que le monde infuse

on serait tenté de le penser assis au soleil ou protégé d’une mince pluie je serai tenté de le penser, si je faisait l’effort de penser

mais je préfère infuser

citrouille

citrouille je ne suis pas une citrouille

dans le jardin pousse une espèce inconnue

je me penche sur le râteau abstinent